Béatrice Casadesus ressemble à ses oeuvres. Il y a de l’infrangible dans son regard clair, auréolée de ses cheveux de lin. Son visage exprime la lumière qu’elle donne en lecture sur ses matériaux les plus changeants.

 

Sa douceur n’est qu’apparence. C’est par la sculpture que  Béatrice Casadesus commença. Puis, ses voyages en Malaisie, Birmanie, Thaïlande, et Indonésie lui inspirèrent le travail sur,papier et surtout la recherche sur le point.

 

La lumière, organisatrice de son oeuvre, transperce la trame de la matière tout en jouant leur petite musique hivernale ou solaire sur fond lilas, bleu, rose ou or. Cette lumière miroite au regard et donne à son oeuvre une couleur indistincte et lactée aux nuances confondues.

 

Béatrice Casadesus entraine le spectateur par le tempo de sa respiration chromatique, dans un ballet impressionniste où la mémoire involontaire nous ramène vers le vieux sage de Giverny, la mise au point perlée de Georges Seurat et le sfumato de Vinci.

 

Maurice Benhamou parle des oeuvres de Béatrice Casadesus comme étant « Libres, flottantes, frissonnantes mais légères par gravité, [comme] aurait pu dire Nietzche ». La lumière de Béatrice Casadesus est souvent comme un ciel bleu d’août, aussi transparent qu’un Fra Angelico, fait d’on ne sait quelle matière précieuse. Turquoise peut-être.

 


 

 

Béatrice Casadesus est née en 1942. Elle suit les cours d'Edmée Larnaudie à l'École des arts appliqués à Paris, dessine d'après Masaccio, Piero de la Francesca, Goya. Puis, elle étudie la peinture, la sculpture à l'École des Beaux-arts, dans l’atelier d'Henri-Georges Adam. A partir de 1980, elle développe les Tramaturgies": processus d'effacement du contenu iconique de certains modèles picturaux célèbres (Léonard de Vinci, Michel-Ange, École de Fontainebleau) par superposition de trames et d'incisions. Elle se lie d'amitié avec le sculpteur Claude de Soria.

 

Béatrice Casadesus commence en 1990, la série "Blancs volants", ainsi intitulée d'après le mot du poète Shih-t'ao: toiles et paravents en lin incisé, jeu sur l'endroit et l'envers, série qui introduit à la réalisation du Grand livre des Pas, environnement spatial pour l'École de Danse de l'Opéra de Paris. A partir de 2001, créations des « Mues" : Série de peintures froissées, présentées en boules au sol et des Peintures sans fin: grands rouleaux de peintures présentés de manière aléatoire dans l'espace. Rejet de la traditionnelle position verticale de l'oeuvre, recherche de nouveaux modes de présentation